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Le bitcoin explose à quelques jours de son très attendu “halving”


Poussé par des marchés euphoriques et l'imminence de la réduction de sa création monétaire (le "halving"), le bitcoin s'apprête à clôturer un mois d’avril en pleine forme.

Les “bitcoiners” avertis ne s’y sont pas trompés. Une certaine excitation traverse les cours et de nombreux particuliers ont investi ces derniers jours dans la première des cryptomonnaies. Dans la nuit de mercredi 29 à jeudi 30 avril, le courtier en ligne américain Coinbase, le première plateforme grand public, a rencontré des problèmes techniques suite à l’afflux d’ordres. Pareille situation ne s’était pas produit depuis décembre 2017, au moment où le bitcoin entrait dans la plus grande phase spéculative de son histoire (jusqu’à 20.000 dollars le 17 décembre 2017). Actuellement, il s’échange autour de 9.000 dollars, après avoir touché 9.500 dollars jeudi matin.

L’explication de cette hausse (147% depuis le krach de mi-mars où il avait perdu 40% de sa valeur en quelques heures) se trouve dans l'excitation générale des marchés et les injections massives de liquidités par les banques centrales pour endiguer la crise sanitaire du Covid-19. “Tout comme le bitcoin avait fortement chuté de concert avec les marchés actions le 12 mars, il s'est envolé ce mercredi 29 avril alors que les indices boursiers étaient en pleine euphorie (le Nasdaq a gagné plus de 3,5% hier), observe Nicolas Chéron, responsable de l'analyse marchés chez le courtier en ligne Binck.

“La plupart des spécialistes des cryptos justifient le fort décalage du bitcoin de 7.800 à 9.500 dollars par des spéculations sur le halving à venir (voir ci-dessous, ndlr), mais nous pensons plutôt que ce violent mouvement pourrait, une nouvelle fois, en partie, être corrélé à ce qu'il se passe sur les marchés boursiers”, commente-t-il.

                    En rouge le S&P 500 et en bleu le bitcoin


“Le Bitcoin n'aurait donc pas de caractère refuge, au contraire, il serait de plus en plus, étroitement lié, à la notion d'appétit ou d'aversion au risque sur les marchés boursiers”, rajoute Nicolas Chéron.

Le “halving” source d’impatience

À la différence des marchés traditionnels, le bitcoin profite d’une séquence qui pousse les investisseurs à s’y intéresser de près. Aux alentours du 12 mai, le protocole Bitcoin vivra le 3ème halving de son histoire. Ce moment -qui intervient environ tous les quatre ans- se matérialise par la division de 50% de sa création monétaire. Jusqu’à présent, les mineurs se partageaient 12,5 nouveaux bitcoins créés toutes les 10 minutes (environ) en récompense de l’énergie mobilisée par leurs ordinateurs pour assurer la sécurité du réseau. À partir du 12 mai, ce ne seront plus que 6,25 nouveaux bitcoins qui seront générés. Cet événement très attendu participe à la rareté progressive du bitcoin, alors que la demande en faveur de celui-ci augmente d’année en année avec sa démocratisation. À terme, aux alentours de l’année 2140, il ne pourra y avoir plus de 21 millions de bitcoins en circulation.

“Alors que nous n'en sommes plus qu'à moins de deux semaines de cet événement, seuls les opportunistes et ceux qui n’ont pas sourcillé pendant le krach de mars (autant dire qu'ils ne sont pas nombreux) sont en train d'en cueillir les fruits”, analyse Mathieu Jamar, fondateur du fonds de gestion de crypto-actifs B40Lux. “La récente poussée a laissé sur la touche une grande partie des gens et ceux-ci semblent désormais vouloir rentrer à nouveau, rendant alors le marché plus volatile qu'à l'accoutumée”, constate-t-il.

Mais attention, le halving est tellement attendu que le marché pourrait se montrer dangereux lorsque l’échéance s’approchera. “Si le halving semble déjà livrer ses promesses, il n'est pas improbable que le jour venu où il sera effectif, la surprise tant attendue déçoive”, prévient Mathieu Jamar. “Il faut se tenir prêt à cette éventualité, autrement dit c'est un concept assez récurent sur les marchés à savoir: buy the rumor, sell the news". “Si le halving devait permettre une poussée supplémentaire vers le haut, il serait peut être opportun d'alléger ses positions acheteuses et de concrétiser des gains plutôt que d'anticiper beaucoup plus”, juge avec prudence Nicolas Chéron.

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